dimanche 16 novembre 2008

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Communiqué
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du Club Novation Franco-Africaine (CNFA)
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15 novembre 2008

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A l'occasion de l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la quasi-absence des Français originaires d’Afrique et de l’Outre-mer dans les hautes instances de la République française, à quelques rares exceptions près par-ci par-là…
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En effet, combien compte-t-on de Français originaires d’Afrique et de l’Outre-mer dans les institutions suivantes : Assemblée Nationale, Sénat, Quai d’Orsay (combien d’ambassadeurs ou de directeurs de service ?), la Police et la Gendarmerie (à l‘échelon le plus élevé), la Préfectorale, l’Armée (combien d’officiers supérieurs ? Combien de généraux et d’amiraux ?), la Magistrature (combien de présidents de Cours d’appel ? Combien de magistrats de la Cour de cassation ?), le Conseil Economique et Social, le Conseil d’Etat, etc.?
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Le Club Novation Franco-Africaine observe qu’une telle situation peut légitimement surprendre, puisque le pays fut, pendant la première moitié du XXe siècle, précurseur en matière d’accession de fonctionnaires originaires d’Afrique et de l’Outre-mer jusque dans les plus hautes instances de l’Etat.
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En revanche, qui peut vraiment s'étonner qu'un régime fondé il y a un demi-siècle sur le projet de débarrasser la France de ses populations noires africaines et arabo-berbères, afin d’esquiver le métissage et de perpétuer les principes colonialistes, ne considère les Français originaires d’Afrique et de l’Outre-mer que comme des Français entièrement à part ? Loin d’être surprenant, cet état de fait est, en réalité, simplement logique et parfaitement conséquent.
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Si l'on veut réellement que la France sorte aujourd'hui par le haut des problématiques raciales qui ne cessent de s'amplifier et de fragmenter dangereusement la nation, il conviendrait avant toute chose de se rappeler l'Histoire de manière intégrale, intransigeante et honnête, en reconnaissant les erreurs et les violations de la Constitution qui furent commises par le gouvernement métropolitain, il y a 50 ans, dans le but de séparer les populations européennes et africaines qui composaient alors l’ensemble franco-africain.
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Nous pensons en particulier à l’affaire gabonaise (1958) et à la Loi 60-525 (1960).
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Reconnaître sur ce plan les fautes et les scandales imputables à la Ve République permettrait de remobiliser la conscience républicaine du peuple et des élus. Car à bien y regarder, une grande part des difficultés actuelles non seulement de la France, mais aussi de l'Afrique francophone, et des relations franco-africaines, résulte de ce passage historique capital ainsi que de la présentation fallacieuse qui en est faite délibérément, depuis un demi-siècle, par l’idéologie officielle et ses différents relais.
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Le Club Novation Franco-Africaine lance un appel solennel en direction de tous les Partis politiques et de toutes les associations de France mais aussi d’Afrique – en particulier des associations engagées dans le combat antiraciste – pour que les mensonges, connus de tous dans les milieux autorisés, cessent d’être tabous, et fassent l’objet d’un débat salutaire auquel le peuple soit convié, conformément à l’esprit démocratique et républicain.
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Paris, le 15 novembre 2008
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Le Club Novation Franco-Africaine (CNFA)
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